DESIGN THINKING

 

Le design thinking a été théorisé début des années 2000 dans la Silicon Valley suite aux travaux de l’ingénieur David Kelley et du design Tim Brown de l’agence IDEO.
La démarche est souvent résumée à une session de brainstorming en équipe ou d’ateliers de créativité avec Post-It. Mais nous allons le voir, c’est un peu plus que ça…

Il s’agit d’une démarche qui utilise les outils et les méthodes des designers, pour concevoir des solutions qui répondent à des problèmes utilisateurs que l’on aura préalablement constatés sur le terrain.

 

Pour illustrer cette définition, nous vous proposons une vidéo de l’agence Sismo Design  :

 

Le processus du Design Thinking se découpe en deux grandes phases en double diamant ou en sablier car c’est une succession de phases de travail de divergence (on explore, on voit large) et des phases de convergence (on sélectionne, on priorise).

 

 

Compréhension et recherche utilisateur

Le design thinking est une démarche centrée sur l’humain. Tout débute donc par l’observation du terrain, la compréhension des besoins, des habitudes, des problèmes vécus. En adoptant une posture empathique, nous allons à la rencontre des émotions et des raisonnements des usagers.

C’est aussi l’occasion de faire des recherches sur l’écosystème du sujet. Faire de la veille pour connaitre ce qui a déjà été fait, les bonnes et mauvaises pratiques, les technologies existantes…
C’est la première phase divergente de la démarche car elle peut croiser beaucoup de domaines différents selon le sujet que l’on traite !

Dans l’exemple de la vidéo des Sismo, le client souhaitait réenchanter l’expérience des millenials dans les espaces communs de leurs hôtels. Ils ont donc commencé par se rendre dans les parties communes pour observer les habitudes des clients. Ils ont également réalisé des interviews, lu des articles de sociologie sur les millenials pour comprendre leurs habitudes de vie, leurs façons de voyager…

Quelques méthodes des designers pour la recherche utilisateur :

  • L’interview utilisateur, les sondages…
  • L’observation “point de vue d’une mouche”
  • L’immersion “vis ma vie”
  • Le reportage photo

Définir un parti-pris

 

Ce travail de recherche permet de mettre en avant un vrai problème à traiter qui n’est pas nécessairement celui auquel on aurait pensé a priori derrière son bureau. Il s’agit de clarifier le périmètre et d’adopter un parti-pris : poser le bon problème est le meilleur moyen de trouver la bonne solution !

L’équipe de Sismo a observé que les clients ne se parlaient que par obligation dans les ascenseurs, ils ont donc adopté le parti-pris de transformer cette expérience “négative” en expérience agréable.

Quelques outils pour synthétiser la recherche utilisateur :

  • Empathy Map
  • Persona
  • Parcours utilisateurs

Idéation et créativité

C’est à partir de ce moment que l’on retrouve le brainstorming et les post-it !
Une fois que l’on a identifié un vrai problème il est temps d’inventer des solutions créatives pour le résoudre.
C’est une phase divergente, car il s’agit d’explorer et de proposer des concepts et des solutions sans se retreindre de leur faisabilité et leur désirabilité.
Le but n’est pas de trouver LA bonne solution, mais de générer un maximum de pistes de résolution de problème.

Pour y parvenir, quelques conseils pour un brainstorming efficace :

  • Proposer des idées folles, pas de limite !
  • Construire des idées à partir de celles des autres
    celles des collègues de l’équipe mais aussi celles dans d’autres domaines, dans d’autres cultures…
  • Pas de jugement
    Pour ne pas brimer la créativité
  • Rester focus sur l’utilisateur et sur le sujet
    pour être efficace et éviter les sessions brainstorming de 2 heures sans aucune solution pragmatique
  • Rechercher la quantité

Prototypage, test et processus itératif

Il est temps de sélectionner parmi toutes les solutions précédemment produites celle ou celles que l’on souhaite tester.

Pour faire tester ces solutions il faut les matérialiser à l’aide d’un prototype. Les premiers prototypes sont simples, rapides à réaliser mais ils permettent d’avoir de premiers retours précieux pour valider ou invalider la solution retenue.
Comme le design thinking est un processus itératif, il est possible à ce stade de revenir sur la phase d’idéation et de produire ou sélectionner de nouvelles idées à tester. Il est également possible d’affiner son prototype pour le rendre plus complet, plus précis et plus réaliste et de faire tester une nouvelle fois sa proposition de solution.

Quelques suggestions de prototypage :

  • Les affiches de pub
  • Les maquettes de sites ou d’appli interactives
  • Les scenarii et les maquettes
  • Les packagings de produit

Lors des phases de test, il ne faut pas seulement tester la désirabilité de sa solution : “est-ce que vous aimez ?” mais de comprendre pourquoi cette solution est aimée ou non et ainsi d’analyser si elle répond au problème que l’on a identifié précédemment.

Quelques outils de test :

  • A/B testing
  • Les interviews et questionnaires
  • Les focus groups
  • Les grilles de feedback

Si la phase de test est concluante, la solution se transforme en POC – proof of concept qui illustre la faisabilité et la désirabilité de la solution. Il est temps de passer en phase de production et de déploiement !

Design Thinking et agilité

Le Design Thinking n’est pas une méthodologie de gestion de projet mais une approche pour imaginer et concevoir des solutions. Ainsi il n’entre pas dans la famille des approches agiles (comme Scrum, SAFe, XP…) qui ont pour but la réalisation du produit.

Cependant, dérouler le processus de création du design thinking ne peut s’appliquer sans adopter une posture d’agilité. 

Pour aller plus loin

29 août 2019
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