Heart of agile

Les adeptes de l’agilité y reviennent toujours, ses détracteurs également. Malgré ses seize ans d’ancienneté, il reste toujours d’actualité. Plus qu’un acte de naissance de l’agilité, le Manifeste Agile définit un référentiel et appelle à le suivre à la manière d’un mouvement artistique. Il prône une évolution comportementale et un renversement culturel

“Agile has become overly decorated. Let’s scrape away those decorations for a minute, and get back to the center of agile.”

Dr. Alistair Cockburn, co-author of the Agile Manifesto.

Heart of Agile est un mouvement créé par Alistair Cockburn, l’un des dix-sept signataires du Manifeste Agile. Il ne s’élève pas contre un éternel retour au Manifeste Agile. Il fait remarquer que si l’agilité part d’une idée simple, depuis 2001, la culture agile s’est étendue et complexifiée. Pour permettre à l’agilité de grandir sans perdre son ambition première, Alistair Cockburn propose un retour aux sources et à la simplicité. L’essence de l’agilité tient pour lui en 4 mots :
Collaborer,
Livrer,
Réfléchir,
Améliorer.

La volonté de simplification d’Heart Of Agile s’inscrit dans la lignée du Shu Ha Ri. Le concept désigne initialement les trois étapes d’apprentissage de la découverte à la maîtrise d’un art martial.

Shu désigne l’apprentissage des fondamentaux, dans le respect de la sagesse traditionnelle
Ha signifie la recherche des exceptions à la sagesse traditionnelle pour trouver de nouvelles approches et casser avec la tradition
Ri témoigne d’une capacité à transcender les techniques ou la sagesse traditionnelle et créer sa propre voie.

Dans la mise en place de l’approche Lean chez Toyota, la notion a pris un sens nouveau. L’usage qu’en fait Heart Of Agile s’inscrit dans cette démarche. Partir de quatre mots pour s’autoriser une adoption de l’agilité dans la logique Shu-Ha-Ri.

Chaque mot peut être compris à tous les niveaux. Ainsi, le losange initial peut être augmenté.

Alistair Cockburn propose la décomposition suivante :
Collaborer
– Collaboration
– Confiance

Livrer
– Livrer pour apprendre
– Livrer pour avoir des revenus

Réfléchir
– Réfléchir pour mieux comprendre
– Réfléchir à des améliorations

Améliorer
– Expérimenter (rappelez-vous, il s’agit seulement d’une expérience)
– Changer (vraiment changer)

L’axe collaborer se divise entre collaboration et confiance. La notion de confiance est si vaste qu’elle mériterait d’être à nouveau divisée … et ainsi de suite. Dans cette logique de prolongement des 4 axes initiaux, associés au Shu-Ha-Ri, voici la proposition de subdivision d’Alistair Cockburn.

Envie d’en savoir plus sur Heart of Agile ? Que pensez-vous de cette lecture de l’agilité ? Dîtes-le-nous en commentaire !

Les 4 accords quoi ?

Don Miguel Ruiz est enseignant chercheur et chaman mexicain. En 1997, il publie ce qui deviendra un best-seller du développement personnel : Les 4 accords Toltèques, la voie de la liberté personnelle. En 2010, il publie avec son fils, une suite avec un cinquième accord. Derrière ce titre d’ouvrage d’apparence un peu ésotérique, Miguel Ruiz propose un pacte à faire avec soi-même sous forme de 4 accords. Ces derniers permettent de briser un certain nombre de pensées limitatives pour mieux se connaître et mieux interagir avec les autres.

Quels sont ces 4 accords et comment pouvons-nous les appliquer dans notre quotidien ?

Que votre parole soit impeccable

« Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N’utilisez pas la parole contre vous ni pour médire d’autrui. »

Miguel Ruiz

Dire du mal d’un·e collègue ou le/la critiquer, c’est parfois tentant et c’est facile… De même que se blâmer ou s’auto-juger. La parole est un outil qui peut construire, détruire ou libérer. Les mots ont un impact sur le psychisme : ils agissent sur la réalité. Dites à un enfant qu’il est nul en math et cela pourrait le poursuivre pendant toute sa scolarité et même au delà.

Vous pouvez essayer de prendre un peu de hauteur, lorsqu’un mail d’un collègue vous a irrité, énervé. Au lieu de lui répondre immédiatement, vous pouvez rédiger un brouillon puis attendre un peu et venir le retoucher jusqu’à obtenir un message constructif, qui soit dans le factuel plutôt que la défiance. S’inspirer de la communication non-violente est aussi une bonne approche pour s’exprimer avec intégrité.

Quoiqu’il arrive, n’en faites jamais une affaire personnelle

« Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles. »

Miguel Ruiz

Les événements qui surviennent et les réactions des autres ne sont pas toujours des réponses à notre comportement. Tout ce qui arrive autour de nous n’est pas forcément une conséquence de notre attitude.
De même que lorsque vous êtes critiqué ou que vos collègues désapprouvent vos idées, c’est une projection de l’image que l’autre se fait de vous. Mais ce n’est pas vous.

Il est difficile de ne pas prendre les choses personnellement. Lorsque cela arrive et que l’on digère mal une nouvelle, qu’on la ressasse c’est qu’un besoin personnel n’est pas assouvi. Alors il faut mener l’enquête et observer les indices au niveau du corps et de la tête en se posant une série de questions. Quelle est cette émotion ? Comment se manifeste-t-elle physiquement ? Comment la verbaliser le plus précisément possible ? Quelles sont les causes de cette émotion ? À quel besoin cette émotion est-elle liée ? Ce cheminement permet de mieux se comprendre pour se libérer de l’émotion négative et de communiquer sur ce que vous avez ressenti et ce dont avez besoin.

Ne faites aucune supposition

« Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames. »

Miguel Ruiz

Dans nos relations, il est courant de faire des suppositions. En situation de travail à distance, cette tendance est encore plus forte car notre communication est bouleversée. Un collègue ne nous dit pas bonjour le matin comme à son habitude… Peut-être qu’il nous en veut ? S’il est fâché contre moi alors je vais moi aussi lui en vouloir. Ou alors comment faire pour qu’il m’apprécie de nouveau ?

Nous avons naturellement besoin de comprendre, justifier et prédire les événements que nous vivons, les comportements et réactions des autres. Lorsqu’il y a de l’inconnu, de l’incertitude, nous comblons les blancs par des hypothèses et des suppositions en imaginant ce que les autres disent, font ou pensent. Cela peut provoquer de l’inquiétude, du stress et une situation de malaise.

Pour cette fois, laissez votre petit détective intérieur tranquille (gardez-le pour analyser vos émotions 😉 ). Mais posez des questions pour comprendre pourquoi. L’objectif est de ne pas laisser les hypothèses devenir des croyances.

Faites toujours de votre mieux

« Votre “mieux” change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger. »

Miguel Ruiz

Ne pas s’en vouloir si on se trompe, si on commet des erreurs dans l’application des accords toltèques. Être bienveillant envers soi-même est encore le meilleur moyen pour les intégrer progressivement.

Ici, on ne vise pas la perfection pour ne pas se vider de son énergie en créant de la frustration ou de la déception. Ce qui est juste pour soi ne dépend pas d’une norme. On peut éviter le piège des injonctions “je dois faire comme ça”, “il faut que je fasse plus”, “je dois être moins comme ça” qui génèrent de la pression. En reformulant par “je choisis de…”, “je peux faire comme cela…” il est possible s’approprier ses propres objectifs à atteindre et se créer des automatismes.

Il est possible aussi de se faire aider, en demandant à ses collègues ou ses amis du feedback régulier pour s’améliorer dans sa pratique des 4 accords toltèques.

Bonus
Au fait, qui sont les Toltèques ?

Les Toltèques étaient un des plus importants peuples mésoaméricains (sur l’actuel Mexique), leurs noms désignent « les maîtres bâtisseurs ». Ils auraient vécu entre 900 et 1200 de notre ère. Dans les légendes nahuatl, les Toltèques sont censés être à l’origine de toute civilisation.

Claire Bresson – coach agile chez Extia

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